HISTORIQUE SUR LA CONSTRUCTION DE L’ANCIENNE CABANE DU VELAN

Le club de montagne « La Cordée » affilié à la Fédération montagnarde genevoise, projetait la construction d’un refuge à la Luis des Bourres au pied du Mt Vélan en 1938 déjà. (emplacement actuel de la cabane).

Suite à la construction d’une cabane alpine à l’Alpe de Sery s/Lourtier en 1942, cette même Fédération cédait à la Section genevoise du C.A.S. l’option concédée par la Commune de Bourg-st-Pierre.

En mai 1943, un courrier du président de la Section Chaud-de-Fonds du C.A.S mettait en garde la Section genevoise quant à la rentabilité de cette future cabane du Vélan. A l’époque, la course du Mt Vélan s’effectuait depuis Valsorey ou Bourg-St-Pierre, ce qui allongeait la durée du parcours de 5 à 6 heures. Il n’y avait que 7 ou 8 caravanes par an ! La construction de la cabane Valsorey avait été prévue à l’époque (1900) au Fond du Valsorey, exactement au Grand Plan, ce qui aurait diminué la montée au Mt Vélan d’environ 3 heures, mais la Section de la Chaud-de-Fonds avait beaucoup hésité, cet emplacement étant trop sur le passage des contrebandiers… et des douaniers.

En juin 1943, un projet avait été présenté au C.C. L’emplacement : choisi par hasard, car il permettait de communiquer directement par signaux optiques avec les Fortifications de Savatan, d’Aï et de Riondaz. Faut-il rappeler que nous étions en pleine guerre, et que cette cabane avait une grande importance au point de vue militaire ?

Le 6 juin 1944, la Section prenait la décision de construire la cabane. La commande a été passée à Monsieur Basile Bournissen, entrepreneur d’Hérémence, avec le concours de Messieurs Lojean et Mayoraz. Début des travaux : 15 juin 1944.


Vu la mobilisation générale à l’époque, il a fallu demander une dispense au commandant de la Brigade de montagne 10, pour 11 ouvriers mobilisés travaillant pour la construction de la cabane.

Une autorisation de photographier pour les membres de la commission des cabanes chargés de la surveillance des travaux a dû également être requise.

Il ne faut pas oublier que, pendant la guerre, le ciment pour la construction du refuge devait faire l’objet ‘une demande au Département Fédéral de ‘Economie publique (Office de guerre pour l’Industrie et le travail/Section des matériaux de construction : 12 tonnes de ciment Portland furent attribuées).

A la suite d’une subvention de Fr. 10000.00 allouée par l’armée pour cette construction, une convention a été signée entre le Département militaire fédéral et la Section genevoise du C.A.S. qui stipulait que l’armée pouvait disposer en tout temps d’un dortoir de 9 places et d’une armoire fermant à clef.

Cette convention d’une durée de 99 ans, renouvelable tacitement de 33 ans en 33 ans, correspond à la validité de la concession obtenue de la commune de Bourg-St-Pierre par la Section Genevoise. L’armée a aussi participé au transport des matériaux de construction et du mobilier, (environ 47 tonnes) avec une vingtaine de mulets et ceci pendant trois semaines.

Coût total de la construction avec aménagement intérieur (meubles, vaisselle, construction de WC extérieurs, travaux pour capter l’eau de source, matériel supplémentaire : Fr. 64000.00 : dont Fr. 23000.00 de subventions du CC, plus dons des membres Fr. 5053.00.

L’inauguration a eu lieu par grand beau temps les samedi et dimanche 23 et 24 septembre 1944, en présence du nouveau gardien : MAX Maurice, d’une délégation de la Commission des cabanes, avec le président, Ch. BOREL, de l’entrepreneur, Basile BOURNISSEN et de ses collaborateurs LOGEAN et MAYORAT, des épouses et des sœurs des constructeurs revêtues de leurs ravissants costumes d’Hérémence. Du prieur de Bourg-St-Pierre, RIBORDY, fr l’architecte Paul PERRIN, et Adrien MEIER, de tous les ouvriers ainsi que de l’armée, car sans l’aide de celle-ci les transports n’auraient pas pu s’effectuer.

Camille VERNET, ancien président de la Section genevoise porta son toast au désintéressement, car c’est bien cela qu’il fallait dire pour remercier les membres de la section qui ont donné non seulement leur talent, mais leur travail et surtout leur cœur à cette belle œuvre.

En août 1991, la cabane brûle. Jamais trouvé une explication plausible à cet incendie ! Principe de reconstruction accepté par la section en septembre de la même année.

Décision de donner le mandat à l’architecte Michel TROILLET de Martigny.

En mai 1992, la commission centrale des cabanes se décharge de cette reconstruction car celle-ci ne correspond pas aux critères en vigueur établis par le C.C. (matériaux utilisés, agencement intérieur) c’est dès lors le C.C. de la Section genevoise qui assumera la responsabilité des travaux. La reconstruction débute en août 1992. Le chantier a été terminé avant Noël de la même année. Coût total pour la reconstruction Fr. 1'315'000.00.

En mars 1993, la cabane est opérationnelle. Le gardien Dominique MAX est installé avec sa sœur et son père.

L’inauguration s’est déroulée sous les meilleurs auspices et par un temps très clément en septembre 1993.

En novembre, remise du prix de la ligue suisse du patrimoine national à notre Section.

Ce prix est distribué en alternance pour la restauration ou la réalisation d’une construction récente qui, soit par son esthétisme, soit par la qualité de vie qu’elle dispense, s’intègre et met en valeur son environnement, est décerné cette année-là, à la cabane du Vélan.

 

Euratum : Deux gardiens de cette cabane ont trouvé la mort accidentellement. Raoul Dominique au printemps 1972, emporté avec 4 jeunes gens de la vallée par une avalanche sous la cabane.

MAX Dominique, d’Orsières et son collègue Edmond VOUILLAMOZ aussi emportés par une avalanche au Fond de la Combe de Challand dans la région de Bourg-St-Pierre en janvier 1994.

L'ancien commissaire de la cabane du Vélan

B. Buchet